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Colloques

Colloque de Fribourg ; (for its english version clic here)
Colloques Cidresoc
Colloques Jacques Maritain

 

Ethique, économie et développement : l'enseignement des évêques des cinq continents (Colloque de Fribourg : 1993)

1. Introduction
L'Institut International Jacques Maritain, dans le cadre de ses programmes d'activités,a apporté depuis plusieurs années une attention particulière aux problèmes concernant les rapports entre éthique, économie et développement, auxquels il a consacré de nombreuses initiatives.

En particulier, l'Institut a voulu entreprendre une recherche complémentaire sur l'enseignement des Episcopats catholiques en matière d'éthique économique. A cet effet, il a réalisé à partir de 1987, en collaboration avec l'Institut de Théologie morale de l'Université de Fribourg (Suisse), un projet de recherche sur le thème: "Ethique, économie et développement. L'apport des Églises locales". Une phase ultérieure de la recherche pourrait concerner de façon plus large la présence, l'action et la réflexion des évêques dans le domaine social.

Ce projet est inspiré par deux ordres de constatations. Avant tout l'intérêt croissant des entrepreneurs et des milieux universitaires pour les rapports entre éthique et économie et, ensuite, l'engagement progressif de l'Eglise universelle et des Eglises locales, poussées par les problèmes de la pauvreté et du développement, qui ne se limitent plus à examiner les conséquences sociales des modèles économiques dominants, mais expriment des jugements sur les mécanismes mêmes des systèmes économiques dans la mesure où ils produisent de nouvelles formes de pauvreté et où ils sont à l'origine de déséquilibres croissants entre les pays industrialisés et les pays en développement.

 Le projet se fonde sur trois exigences:

 1) la nécessité de réviser les modèles théoriques et pratiques du développement qui ont dominé les trois dernières "décennies du développement" en tenant compte de la situation actuelle des rapports Nord-Sud, ainsi que des problèmes du multilatéralisme et du bilatéralisme.
2) la prise de conscience progressive de la nécessité d'orienter la réflexion sur le développement vers une éthique qui finalise les stratégies de la production et de sa redistribution dans le sens d'une croissance humaine non aliénante et durable du point de vue écologique.
3) l'exigence de redonner vigueur à une véritable culture du développement dans un contexte économique global.

  

 

2 Le développement de l'enseignement social de l'Église en matière d'éthique économique  

Les questions économiques sont au centre des préoccupations des opinions publiques, surtout à partir du choc pétrolier de 1973, lequel a contribué - dans les pays industrialisés et dans les pays en développement - à une prise de conscience croissante de l'importance stratégique du facteur économique et financier pour l'orientation générale de la civilisation dans le processus actuel de globalisation de l'économie.

Cette prise de conscience s'accompagne, curieusement, d'un déclin du politique. Parmi les multiples raisons de ce phénomène, il y a notamment, la difficulté de gouverner les sociétés complexes, l'échec des politiques de développement mises en œuvre pour sortir les pays pauvres de la misère et l'impossibilité actuelle de mettre en place un gouvernement politique supranational en vue d'un développement durable à l'échelle mondiale. D'où une politique en perte de vitesse, qui se réfugie toujours plus dans le "spectacle" et qui occupe seulement les devants de la scène, alors que les véritables centres de décision se situent dans la finance, les médias et les groupes économiques les plus forts. Ce phénomène qui s'est accentué avec la chute des régimes communistes de l'Europe centrale et orientale et le "triomphe" des régimes capitalistes risque de faire s'évanouir l'espoir même d'une libération à travers le politique, c'est-à-dire à travers l'engagement des hommes et la participation des peuples. Pour toutes ces raisons et pour d'autres encore, le modèle de développement dominant -celui de l'économie de marché libérale - dans la diversité de ses réalisations concrètes, est devenu le facteur stratégique auquel doivent se mesurer les théories et les pratiques réformatrices, qui ne visent plus une "troisième voie", improbable dans le contexte actuel, mais qui s'efforcent de promouvoir une orientation humaine et une gestion démocratique de processus économiques.

Le débat en cours dans plusieurs pays sur le rapport entre éthique, économie et développement, donc entre rationalité éthique et rationalité économique, est d'une importance capitale.

Deux tendances au moins se dégagent dans ce débat. La première, liée aux pays développés, part du fait que, dans le meilleur des mondes possibles, tout effort doit tendre à améliorer les règles du développement capitaliste, pour le rendre toujours plus efficace et transparent. L'équité devrait aller de pair avec l'efficacité. Les débats au sein de la business community sur l'éthique des affaires vont dans ce sens: un système complexe doit constamment améliorer ses règles du jeu, s'il ne veut pas se transformer en une jungle compétitive, enfin de compte inefficace. Dans ce cas, ce ne sont pas les règles du modèle dominant qui sont mises en question; il s'agit plutôt d'affiner le paradigme (le marché) qui les mesure et les articule dans la société.

Ainsi, ces dernières années ont vu se développer, surtout en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, une mentalité qui s'universalise toujours plus, selon laquelle l'accroissement des disparités sociales est de moins en moins perçu comme un fait négatif mais, dans une certaine mesure, considéré plutôt comme une donnée du progrès de la société.

Une seconde tendance tend à élargir le débat sur les rapports entre éthique et économie aux divers milieux sociaux et aux divers niveaux, national et global. Pour elle, la contribution de l'éthique se situe soit dans la raison critique qu'elle peut exercer vis-à-vis de la rationalité étroite du paradigme classique, utilitariste, de l'économie, soit dans l'apport prospectif de l'éthique quand elle précise les valeurs et les finalités de l'agir humain, en contribuant ainsi à une formulation plus ample de l'enjeu du développement que celle prévalant dans "l'économisme". Si l'effondrement des régimes communistes nous donne aujourd'hui davantage la possibilité de reconsidérer les résultats et les limites du modèle "triomphant", cette situation nouvelle doit aussi nous aider à réfléchir sur les conditions qu'il faut créer pour un réformisme moderne qui tienne compte, en vue du développement, des ressources humaines, de la participation populaire et, par conséquent, de la démocratie politique et sociale.

A l'intérieur de cette seconde tendance apparaît une position qui pourrait se définir comme sociale chrétienne.

Face aux mutations scientifiques et technologiques, économiques et financières, politiques et sociales, les communautés chrétiennes s'interrogent toujours plus sur leur rôle, sur les finalités de leurs actions et sur leurs possibilités d'influencer les processus réels. Nous assistons ainsi à une floraison de documents d'épiscopats locaux, d'associations chrétiennes, de personnalités... Autant d'occasions pour tenter de faire le point ou de prendre position sur tel ou tel problème ou sur l'ensemble de ces transformations. Tout ceci vient prolonger l'enseignement social pontifical (cf. en particulier les dernières encycliques Sollicitudo rei socialis  et Centesimus annus) qui à son tour en est profondément enrichi. Une vision plus ample de la collégialité se fait jour.

L'Institut International J. Maritain, en collaboration avec la chaire de théologie morale de l'Université de Fribourg (Suisse), a voulu étudier à fond ce phénomène, organisant une recherche de plusieurs années pour rassembler et analyser les documents officiels des évêques individuels et des conférences épiscopales ayant trait à l'économie depuis la publication de Rerum novarum jusqu'à Centesimus annus.

Le but de la recherche n'est pas seulement de rassembler et d'étudier les textes à des fins documentaires, même si cette préoccupation est aussi importante. Il s'agit surtout d'analyser le passage progressif de l'Eglise, allant de la dénonciation des maux sociaux, négligés voir causés par les modèles de développement dominants, au jugement porté sur les mécanismes mêmes des systèmes économiques et sur leurs insuffisances. L'attention n'est plus portée seulement sur le "social", mais aussi sur "l'économique", à savoir non seulement sur les effets mais également sur les causes. D'aucuns ont pu dire, de façon imagée, que l'Eglise est "entrée en économie". L'économie a longtemps constitué un chapitre de la  "question sociale"; désormais, les problèmes du développement et de l'environnement situent l'économie comme un nouveau champ d'observation spécifique de la pensée chrétienne.

En se penchant sur ce nouvel "espace" de l'économie, l'enseignement social chrétien atteint plus directement les processus réels et se donne un terrain plus concret pour repenser les défis de la sécularisation, des mutations anthropologiques et de la nouvelle demande de sens qui surgit de la modernité, ou post-modernité si l'on veut, dans le cadre de la globalisation des scénarios contemporains.

Jaugeant les situations humaines à la lumière de l'enseignement biblique et de la réflexion éthique, les évêques des pays industrialisés ne penchent pas pour tel ou tel système socio-économique mais, avec l'autorité qui est la leur, ils focalisent l'attention sur les valeurs selon lesquelles un système politique et économique est acceptable: attitudes sociales empreintes d'espoir, de détachement et d'humilité, faisant face à la culture de la société de consommation, et visant à l'implantation d'une démocratie politique et économique, le respect des droits sociaux et politiques, la promotion de la justice et de la solidarité. Ils critiquent vivement les comportements et les structures qui engendrent l'injustice, la misère et la violence. Un accent est mis sur la responsabilité des pays riches à l'égard de ceux du Tiers- Monde. Ce faisant les évêques contribuent au développement d'une éthique économique.

Les documents les plus courageux ont porté sur la correction des modèles dominants en Europe et en Amérique, surtout de type capitaliste, visant à susciter des comportements et des politiques capables de promouvoir des sociétés moins compétitives et plus coopératives et solidaires, moins oligarchiques et davantage basées sur la participation. Ce sont là les conditions préalables pour que la démocratie politique n'en reste pas au stade purement formel et soit au contraire unie à une véritable démocratie sociale. C'est l'unique perspective permettant que les relations économiques internationales soient elles-mêmes empreintes d'une plus grande solidarité.

En Amérique latine, continent à grande majorité catholique, les documents partent d'une réflexion sur les réalités de la pauvreté et de l'injustice où est plongée une grande partie de la population, pour remonter, progressivement, de la critique de ces situations aux causes perpétuées par les modèles dominants du développement .

Les Eglises latino-américaines font le constat d'une profonde inégalité dans la distribution du bien-être et du pouvoir: la suprématie du capital sur le travail, la misère des paysans, des parias dans les grandes métropoles, des communautés indigènes et des "gens de couleur". Même si tout ne peut s'expliquer en termes de dépendance, il reste que le système économique et monétaire international, les échanges commerciaux, le prix des matières premières, la dette extérieure, la dépendance technologique freinent le développement des économies latino-américaines. Mais ces Eglises ne se bornent pas à dénoncer, elles demandent des réformes structurelles: réforme agraire, urbaine, fiscale, administrative et un nouvel ordre international. En intervenant de la sorte, l'Église met en cause les systèmes économiques dominants, tels qu'ils sont en vigueur dans le sous-continent latino-américain.

Avec les conférences continentales de l'épiscopat latino-américain organisé par le CELAM (Conseil Episcopal Latino-Américain) à Medellin (1968) et à Puebla (1979), Santo Domingo (1993), les Églises de cette région ont confirmé l'option préférentielle pour les pauvres: un choix courageux affrontant des risques certains, et qui a provoqué des persécutions et même des meurtres de membres de ces Eglises.

Un ethos libérateur inspire ces documents, en leur conférant un ton prophétique et une forte capacité de "conscientisation" des masses.

Ces documents sont souvent le reflet mais aussi l'inspiration des diverses théologies de la libération qui, partant des réalités socio-économiques recherchent la liberté intérieure et aussi, la liberté historique.

En Asie, continent des plus grandes et antiques religions de l'humanité, les plus importants documents proviennent de la F.A.B.C. (Fédération des Conférences des évêques d'Asie) et de l'Église des Philippines où la communauté catholique, majoritaire, ne craint pas de parler à l'ensemble du pays. Réunis en juillet 1990 en Indonésie, les évêques d'Asie ont traité un thème significatif: "The emerging challenge to the Asian Church in the 199O's: A Call to Respond". Dans le contexte des profonds changements actuels sur le continent asiatique, ils mettaient l'accent sur "The unchanging reality of injustices and the massive poverty that still prevails in Asia".

Dans l'ensemble, les documents des communautés chrétiennes en Asie soulignent la permanence des structures injustes, des problèmes des pauvres, des travailleurs de la terre et de l'industrie, ainsi que les conflits ethniques irrésolus; ils insistent aussi sur le dialogue Nord-Sud, sur le rapport entre paix et développement et, en général, sur le défi de créer une société plus humaine.

Les Eglises africaines révèlent, à travers leurs documents, un discernement croissant ancré dans la compétence propre de l'Église, c'est-à-dire le rappel des principes et des valeurs éthiques, et sa compétence subsidiaire pour indiquer des voies afin de promouvoir la justice et la solidarité à travers des modèles politiques et économiques adéquats.    Les documents du SCEAM (Symposium des Conférences Episcopales d'Afrique et de Madagascar) sont particulièrement intéressants.

L'intérêt suscité par l'éthique économique est évident. Les évêques africains ne se prononcent pas pour l'instauration du socialisme, ni même du capitalisme: ils sont plutôt favorables à un système à mi-chemin, où soient pris en considération les valeurs familiales et communautaires africaines, surtout en vue de combler le fossé entre riches et pauvres. La finalité est celle d'un développement humain intégral, pouvant être réalisé en conjuguant les valeurs de solidarité, de responsabilité, de participation, et la recherche de la démocratie, le changement de mentalités, la réforme des structures, aux niveaux national et international. Très fortes en sont la critique sur la corruption, l'insistance sur le développement d'une conscience civique et sur l'esprit de conciliation dans les situations conflictuelles.

Notre recherche a recueilli et analysé jusqu'à aujourd'hui près de 1450 documents (provenant d'évêques individuels ou de conférences épiscopales), la plupart publiés après la seconde guerre mondiale, surtout depuis le Concile Vatican Il. Ces documents se répartissent ainsi: 37% proviennent d'Europe (dont 36 % de France), 29% d'Amérique Latine (dont 21 % du Brésil), 10% d'Amérique du Nord (dont 7,8 % du Canada et 2,2% des Etats-Unis), 14% d'Afrique et 7% d'Asie (dont 32,6 % des Philippines), 3% d'Océanie.

La plupart des documents contiennent une dénonciation des situations intolérables et une exhortation à agir pour supprimer leurs effets; de façon plus discontinue, ils indiquent aussi les causes, les mécanismes en amont, cependant des propositions explicites sont généralement absentes.

Pour reprendre les termes de "Sollicitudo rei socialis", ce sont particulièrement les "structures de péché" et leurs conséquences qui sont dénoncées, car elles empêchent le développement et la libération dans les sociétés. Par "structures de péché", il faut entendre les situations sociales et les mécanismes financiers qui parfois, malgré les éventuelles bonnes intentions individuelles, peuvent produire des effets pervers et entraînent l'humanité sur une voie déstructurante, désocialisante et déshumanisante.

Toutefois, dans quelle mesure ces documents dépassent-ils l'attitude morale critique, pour adopter une attitude prophétique de proposition? Dans quelle mesure parviennent-ils à définir les caractéristiques nécessaires d'un projet social personnaliste? D'autre part, jusqu'à quel point cet objectif est-il du ressort des Églises? De plus, est-il possible de concilier un modèle social à la mesure de l'homme et une culture de nature économique si libérale? Avant tout, une réflexion plus profonde sur les fondements éthique de l'économie ne s'avère-t-elle pas nécessaire?

Des théories économiques et sociales - avant même des théories politiques inspirées d'une anthropologie personnaliste, sont nécessaires à la réalisation de modes de développement plus soucieux de "l'homme intégral" et à la réduction des inégalités à l'intérieur et entre les diverses sociétés. Ici s'ouvre un terrain très complexe où les chrétiens, hormis quelques exceptions lumineuses, tel François Perroux, ont agi de manière insuffisante et inadéquate pour développer des théories dotées d'une rigueur scientifique et compatibles avec une éthique personnaliste.

Après la "crise des idéologies", la voix des Églises a encore davantage de poids pour ouvrir une perspective éthique à travers les jugements portés sur nos modes d'organisation de la vie en société. Certains présentent le modèle de développement capitaliste, même s'il est tempéré en Occident par des lois sociales - dans ses variantes allemande, anglo-saxonne et latine (c'est-à-dire, pondérée par une forte intervention publique) - comme la solution d'un système vainqueur. Face à cette approche, l'enseignement social chrétien, du magistère pontifical et des Eglises locales, viennent rappeler à point nommé qu'il s'agit là d'une "victoire à la Pyrrhus", compte tenu de la persistance des formes de pauvreté anciennes et nouvelles, de la dégradation de l'environnement, du recul de la sociabilité, de l'explosion de la violence dans les pays industrialisés et, surtout, de l'impossibilité d'appliquer un tel modèle dans les relations avec les pays en développement. Le développement endogène de ces pays à travers ce modèle est également une question difficile à résoudre.

Notre recherche semble indiquer que l'enseignement social chrétien, tout en creusant toujours avec plus de compétence les raisons de l'économie de marché, emprunte avec une lucidité croissante les voies du réformisme. Un décalage toujours plus net apparaît entre deux types de valeurs. D'une part, les valeurs de l'éthique capitaliste - celles de l'homo oeconomicus - de l'accumulation continue des biens, de la libre concurrence, de la satisfaction mais aussi de la manipulation des besoins... D'autre part, les valeurs de l'éthique chrétienne centrée sur les valeurs d'une certaine sobriété, la destination universelle des biens, la solidarité, le principe de subsidiarité et, en dernière analyse, le refus de la fatalité et la confiance en l'homme pour guider les processus sociaux, même dans les sociétés complexes. Tout ceci advient au moment même où se trouvent reconnus la valeur de l'action humaine, l'esprit d'entreprise privé et social, mais dans le cadre d'un marché soumis à des lois juridiques précises.

De concert avec des économistes de renom, l'enseignement social chrétien souligne lui-même avec force aujourd'hui, l'insuffisance d'un rapport de cause à effet entre la pure rationalité utilitariste et le développement. Dans une économie globale, l'humanisation des rapports économiques, défi toujours plus crucial, ne peut être l'affaire d'une seule rationalité qui finit par bafouer la dignité de milliards d'êtres humains. Autant d'éléments qui font ressortir avec acuité les limites "éthiques" de l'actuelle phase de développement, dans le sillage des analyses du Club de Rome qui alerta, en son temps, sur ses limites "physiques".

L'objectif de l'éthique chrétienne n'est pas de définir des modèles économiques alternatifs. Mais, à la suite des prises de position vigoureuses de divers épiscopats, dont celui du pays le plus puissant du monde, les Etats-Unis, de plus en plus d'Églises locales s'attachent au redressement éthique des modèles actuels et, parfois, à la recherche créative de "modèles alternatifs", associant d'une façon convenable la coopération et la compétition.

Dans leur lettre intitulée "Econonic Justice for All", les évêques américains affirment: "Les fondateurs de la nation ont pris des mesures audacieuses pour créer des structures de participation, une responsabilité mutuelle et un large partage du pouvoir afin de garantir à tous les droits politiques et les libertés. Nous croyons que des mesures semblables sont nécessaires aujourd'hui pour étendre la participation économique, élargir le partage du pouvoir économique et rendre les décisions économiques plus "responsables à l'égard du bien commun... Nous recommandons d'expérimenter attentivement plusieurs solutions qui représentent à nos yeux un espoir immense pour développer la collaboration et renforcer la responsabilité mutuelle pour plus de justice sur le plan économique".

 

Roberto Papini
Secrétaire Général
de l'Institut International Jacques Maritain

 

 

Conclusion

Par le cardinal Roger Echegaray

Je dis simplement: chers Amis,

Il m'a été demandé de clôturer ce colloque. En toute honnêteté, je le fais à chaud, à partir du colloque lui-même, donc sans aucun discours préfabriqué. Je le fais à partir de moi-même, non de ma fonction romaine, mais de l'expérience personnelle acquise dans l'exercice de la double présidence de Justice et Paix et de Cor unum. Loin d'apporter un Amen solennel au colloque, je souhaite que mes paroles puissent modestement prendre la forme de ce que le philosophe Maurice Blondel appelait une conclusion apéritive, nous mettant simplement en appétit pour trouver une suite à ce colloque.

Car je pense être votre interprète en disant que nous avons pris goût à cette rencontre d'un genre nouveau qui ne pouvait avoir de parrain plus significatif qu'une Université comme celle-ci, née à l'aube de la pensée moderne sociale de l'Eglise et de cet Institut international dédié au philosophe de l'humanisme intégral, Jacques Maritain. Ce colloque nous a fait peut-être sécréter nos glandes salivaires, mais il nous reste maintenant l'essentiel, à savoir, il nous reste à mastiquer les documents dès que nous les aurons sur nos tables.

 

Si je puis oser une première évaluation de ce colloque, j'en soulignerais précisément son originalité, dont la pointe était de relever, voire de révéler, la contribution propre de l'enseignement des évêques des cinq continents en un domaine particulièrement délicat de la pensée sociale de l'Eglise, celui qui touche à l'économie et au développement. En ce sens, ce colloque a fait une oeuvre de salubrité, de salubrité ecclésiale; il se présente, sans l'avoir cherché, comme une défense et une illustration du ministère épiscopal.

Le Concile Vatican Il a eu beau éclairer le juste rapport entre les Eglises particulières et l'Eglise universelle, entre les évêques et le Pape, quand on parle de l'enseignement de l'Eglise, surtout de son enseignement social, les feux se braquent presque exclusivement sur l'enseignement des papes. Il est vrai que depuis Léon XIII, le peuple chrétien a été gâté par l'enfilade de perles précieuses que sont ces encycliques sociales qui lui ont été offertes. Il est vrai que les papes ont ainsi stimulé et nourri l'enseignement des évêques; bien plus, pour des pays où un régime totalitaire réduit les pasteurs au silence - et il y en a encore - la voix des papes est la seule à pouvoir se faire entendre encore, à parler même crû et dru quand il le faut. Mais l'heureuse initiative de ce colloque a été, après avoir exploré et exhumé bon nombre de documents épiscopaux, de démontrer que les évêques des cinq continents n'ont jamais failli à leur propre et inaliénable mission d'enseignement jusque dans les questions d'économie et développement. Ils ont su, dans l'ensemble, parler à temps et à contretemps, selon l'expression paulinienne. Il leur a fallu souvent - on ne le réalise pas toujours - beaucoup de lucidité et de courage pour élever leur voix, une voix d'autant plus précise et chaleureuse qu'elle est proche des réalités du peuple et prend même parfois l'accent du terroir.

Emile Poulat a renoncé loyalement ce matin de tenter une épistémologie des documents épiscopaux; il reconnaît qu'elle est prématurée avant que soit achevé l'inventaire en cours, mais il laisse deviner déjà ce que dévoilera cette recherche, à savoir: le renouvellement des horizons offerts par ces documents. Demain, nous serons émerveillés de découvrir la finesse des analyses et la hardiesse des orientations données par des pasteurs transformés occasionnellement en prophètes ou même en guides de peuples prompts à fuir un présent sans avenir et un avenir sans espoir.

Il a été dit au cours de ce colloque que le niveau d'enseignement des évêques, surtout en matière économique, sera de plus en plus continental ou régional, à l'échelle même où se jouent les vrais problèmes économiques. C'est vrai. Aucun palier cependant ne saurait être négligé, chacun répondant à une exigence particulière. je rêve aussi d'un palier qui n'a pas pu être évoqué, d'un palier nouveau, celui que permettraient quelques documents rédigés conjointement par des évêques du Nord et des évêques du Sud. Mais je me permets d'insister pour que la voix de chaque évêque puisse aussi se faire entendre, engageant sa propre responsabilité dans une saine ecclésiologie. Tout évêque le fait à sa manière, par son enseignement ordinaire et c'est cela qui constitue le vrai tissu de son Eglise. Peu importe si les médias ne s'intéressent qu'à ceux qu'ils qualifient de ténors. Je rends hommage à la cohorte obscure des évêques qui parlent mais dont on ne parle pas. Cela dit, malgré le risque de nivellement par le plus petit dénominateur commun, il faut reconnaître qu'un document épiscopal collectif, outre sa signification collégiale, revêt souvent une grande force morale.

Mais le vrai problème de l'enseignement épiscopal ou même pontifical ne se situe pas au niveau de la composition d'un document, mais de sa diffusion. Et j'admire comment des experts des épiscopats, surtout parmi les plus pauvres - je pense par exemple à certains épiscopats du CELAM - ont su populariser, monnayer jusqu'en bandes dessinées des encycliques, des lettres pastorales sur les problèmes les plus techniques, comme par exemple celui de la dette extérieure. Comme cela est ressorti surtout d'interventions de l'Afrique et de l'Asie, dans le souci d'atteindre les couches les plus autochtones, l'évêque, tout au long de son enseignement social, s'ingénie à respecter la culture de son peuple. En général, notre discours épiscopal est encore trop occidental, non seulement dans son expression, mais aussi dans sa conception. Pour ma part, j'ai vivement ressenti ce décalage en écoutant des chrétiens d'Asie lors d'un congrès à Pattaya, en Thaïlande, à l'occasion du centenaire de Rerum Novarum.

Plus profondément encore, la question vitale est de voir comment faire pour que l'enseignement ne reste pas lettre morte. Cette question se pose partout mais je l'ai posée en particulier, il y a quelques temps, à Santiago du Chili à l'occasion d'un congrès latinoaméricain dans ce continent qui peut être fier de la quantité et de la qualité des documents épiscopaux en matière sociale qu'il a produits. Je disais alors que ce qui manque, ce n'est pas la lumière, mais le chemin; ce qui manque, ce n'est pas la parole, mais la marche. Pour un chrétien, les plus grands défis ne viennent pas de l'extérieur, mais de l'intérieur, de la cohérence toujours fragile entre foi et vie.

Mgr Jukes, représentant des évêques anglais, a ici soulevé opportunément cette question de la réception des documents au sens pastoral et canonique du mot. Nous devons pour cela apprendre aussi à mieux gérer les médias, à nous apprivoiser réciproquement.

Prolongeant mon évaluation de ce colloque et en vue d'explorations ultérieures, j'en attends un autre congrès où seront analysés, non plus des documents épiscopaux, mais des manifestes de laïcs, des témoignages de laïcs. Même s'il est de type magistériel, l'enseignement social de l'Eglise est le fruit de la vie et le signe de la vitalité de tout le peuple chrétien. Le pire cléricalisme serait de faire parler les laïcs par évêques interposés. Capitale est la parole de laïcs croyants, pleinement engagés dans la société et dans l'Eglise, de laïcs tout autant civilisateurs et évangélisateurs, bien souvent crucifiés dans leur conscience lorsqu'ils se sentent happés par la spirale vertigineuse de l'action économique ou politique. Chacun de vous, autour de vous, peut-être en vous-même, peut déceler ce type de laïc croyant qui enseigne par sa vie même l'Evangile dans toute la vie, selon la formule consacrée. Les Semaines Sociales, là où elles ont le bonheur d'exister, sont une heure privilégiée pour entendre la voix de tels laïcs.

Elargissant ma vision, je souhaiterais aussi - on y a fait trop peu de références - voir se multiplier les initiatives oecuméniques. Elles sont plus difficiles qu'on ne le pense, surtout sur le plan éthique, mais quand elles se présentent, surtout grâce à des Conseils d'Eglises, il faut leur donner plus de poids, et plus d'attention. Je suis surpris de voir que pour certains catholiques, une déclaration oecuménique soit considérée comme moins d'Eglise qu'une déclaration proprement catholique.

 

Enfin, dans une vision globale, concernant un enseignement social, je voudrais évoquer le rôle des religions aussi bien non chrétiennes que chrétiennes. Il est essentiel - Mgr Henry De Souza, tout à l'heure, était bien placé pour lévoquer. D'abord, parce que dans le monde éclaté d'aujourd'hui, les religions représentent peut-être les ultimes espaces de rencontre de l'homo oeconomicus et de l'homo tout court, intégral. Mais plus profondément encore, parce que il se peut que les religions détiennent les clés de la justice comme on le voit de plus en plus pour les clés de la paix! Que de congrès et de livres ces temps-ci sont consacrés au thème religion-guerre et religion-paix! Si le développement est d'abord un problème culturel, alors nul doute que les religions, principales pourvoyeuses d'une vision de l'homme et de son rapport au monde, aient leur mot à dire. Je pense à ce que disait Cournot au siècle dernier. je le cite de mémoire: l'homme, de roi de la création qu'il était, est descendu au rôle de concessionnaire de la planète. Il s'agit là certes d'un drame économique, mais plus encore religieux. Une immense dignité a été donnée à l'homme dès le début de la Genèse; il sait qu'il a un rôle à jouer, un sens à donner au monde. Peu importe que ce soit différent à Sumer, à Athènes, au Siam, à Kyoto, à Cuzco, à la Mecque. Dans chaque civilisation il y a une cosmogorue qui décrit l'ordonnance de Funivers sous la direction de l'homme. Aujourd'hui, l'homme a l'amère impression d'une certaine inutilité. Le dialogue inter-religieux, mené jusque dans ses racines divines, n'a-t-il pas quelque chose à voir dans le dédale de l'économie pour redonner à l'homme sa place originelle, vocationnelle?

 

Je l'ai dit, d'entrée de jeu: la fine pointe de ce colloque a été une recherche salutaire sur l'enseignement social des évêques, particulièrement sur le terrain complexe de l'économie et du développement des hommes et des peuples. Le professeur Papini nous a dit que cette recherche a eu une portée qui n'était pas prévue au début ni dans son ampleur, ni non plus, je pense, dans sa signification ecclésiologique. C'est très heureux et je souhaite que nos vaillants explorateurs exploitent au maximum maintenant leurs découvertes pour le bien et l'honneur de l'Eglise.

Pour le bien et l'honneur du monde aussi: ce colloque nous a laissé entrevoir tout ce qui reste à faire pour que Ethique et Economie se rencontrent vraiment et cheminent ensemble pour un meilleur service de l'homme. Long, de fait, est encore le chemin ouvert devant nous. Le spectacle trop reluisant offert par des pays qui se libéralisent à des pays qui se libèrent, les faux-semblants de la liberté qui miroitent aux yeux de ceux qui sortent des ombres du communisme, nous pressent aussi à témoigner d'une vraie liberté. Une liberté défigurée est plus dangereuse qu'une liberté supprimée, l'idolâtrie cache Dieu plus perfidement que l'athéisme.

Il existe aujourd'hui, on l'a bien constaté ces trois jours, une prise de conscience de la nécessité de moraliser, con-une on dit la vie économique. Elle se manifeste tout autant dans les milieux professionnels, dans les entreprises - on a eu raison, grâce à certains participants à la table ronde, d'insister sur l'entreprise - et que dans le monde universitaire on intègre dans le programme des cours d'éthique des affaires. Tous à l'envie jonglent aujourd'hui avec le mot éthique et glissent ce mot sous toutes les portes. Mais ce mot vénérable à l'allure de gadget que cache- t-il à vrai dire? Cache-t-il seulement le désir d'un code pragmatique des affaires ou plus profondément l'angoisse de valeurs humaines à sauver?

Il ne faut pas l'oublier, l'économie est un immense champ de bataille régi par les lois implacables de la compétitivité. Il y a un mois, un ami ma plongé dans les halls assourdissants de la Bourse, du Stock-Exchange de Wall Street à New York. Près de moi sa voix calme - c'était un des gouverneurs, fervent chrétien - mexpliquait comment il cherchait à moraliser ce monde pour moi si étrange. Il avait beaucoup de foi en l'homme pour croire que tout peut être humanisé et en l'écoutant je pensais à une conférence de Michel Camdessus sur Marché - Royaume: la double appartenance. Marché bien sûr terrestre, Royaume bien sûr des cieux. Sa conférence, je l'emporte souvent dans ma poche et je viens d'y - puiser cette réflexion que je me permets de citer: "il y a dans la vie du marché des pratiques auxquelles non seulement notre citoyenneté du Royaume, mais aussi notre bonne citoyenneté de ce monde tout court, nous oblige à dire non. Et nous savons tous que ce non n'est pas facile, qu'il faut souvent du courage et plus que du courage... Quand vousfaites grandir des hommes, vous êtes dans l'univers du Royaume. Mais ne pas le faire, n'est-ce pas aussi une erreur de gestion à long terme? N'allons-nous pas vers une économie ou ceux qui gagnent sont ceux qui précisément savent le mieux valoriser l'homme dans toute sa dimension, dans sa vocation à être pleinement responsable et non seulement outil de production?"

L'élévation de cette pensée me conduit à une dernière réflexion personnelle sur l'éthique dans l'économie et le développement à partir de ce que j'ai vu et entendu ici. S'il est vrai qu'il y a eu une sorte de réconciliation entre l'Eglise et les économistes - oh, à peine amorcée à vrai dire -, les économistes qui se sentaient jusqu'ici frustrés par une doctrine de l'Eglise plus soucieuse de distribution que de création des richesses, il reste que la béatitude évangélique de la pauvreté demeurera toujours la vrille qui doit stimuler l'éthique en économie et en développement. Comment devenir pauvre quand on est riche? Comment rester pauvre quand on ne l'est plus? Il y a des paroles essentielles, fondamentales de la Sainte Ecriture dont on ne peut faire - je le dis avec un vilain jeu de mots - l'économie avec l'économie. Comment en tenir compte à. la fois du croissez, multipliezvous de la Genèse et des propos du Christ sur les lys des champs et les oiseaux du ciel? l'Evangile, par son message paradoxal qui culmine sur le mont des Béatitudes, nous appelle au dépassement. Sa parole est à la fois fondatrice et mobilisatrice. Elle n'indique pas un parcours tracé à l'avance, niais elle oriente au sens étymologique du mot c'est-à-dire elle indique l'orient d'où vient la lumière; bien mieux elle présente Celui qui est Lumière né de la Lumière!

Déçus ou trahis par les modèles de développement qu'ils se sont fabriqués ou qu'on leur a imposés, de nombreux peuples en sont arrivés à douter du développement lui-même et à penser que cette étoile vers laquelle ils marchaient n'est hélas qu'un astre mort. Comme chrétiens, ils nous revient de témoigner que le développement au contraire, est le lieu privilégié du service de l'Espérance dont le Seigneur nous a chargés: un développement qui déploie tout l'homme et entraine tous les hommes.

Le mot le plus courant de notre époque, au point même d'être une monnaie dévalorisée est le mot: défi. Il est sur toutes les lèvres, constamment parce que tout peut-être est devenu défi. Mais cette banalisation risque de ne plus nous faire mesurer la force du défi que l'éthique lance à l'économie et au développement la force du défi que l'éthique reçoit et suit à la fois de la part de ces deux géants. Et l'Eglise, c'est-à-dire nous tous, nous devenons conscients de plus en plus d'être - j'aime bien cette image - le petit David dont la besace, à l'âge nucléaire, n'est pleine que de petits cailloux collés par le torrent de FEsprit. Notre seule force, c'est notre foi de pauvre qui a Faudace de dire au paralytique: le n'ai ni or ni argent, au nom de jésus Christ lève toi et marche. L'Eglise offre simplement la rencontre du Ressuscité, de Celui qui excite et comble tout à la fois une faim de justice plus profonde que celle des hommes.

Et mon tout dernier mot de gratitude s'adresse - c'est pourquoi je l'ai voulu a côté de moi - à celui qui incarne la synthèse du succès de ce colloque, le jeune Ramon Sugranyes.

A lui et à vous tous, mes meilleurs voeux pour une suite - sans fin - d'un colloque qui heureusement n'appelle pas de vraie clôture.

Aussi, il est temps de me taire! Merci.


Les actes du Colloques sont parus: Roger Berthouzoz, Roberto Papini, (éd.), Ethique économie et développement, l'enseignement des évêques des cinq continents (1891-1991), Cerf et Edition Universitaire, Paris-Fribourg, 1995.

 

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Colloques Cidresoc

N. 1


Colloque interdisciplinaire: "l'Eglise dans le dialogue social : Ethique, économie et développement"
Mai 1998

 

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Colloques Jacques Maritain

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Cagliari (Sardaigne) en 1987 sur les documents des évêques concernant l'économie et le développement des pays industrialisés R. Papini - A. Pavan (dir.), Etica ed Economia I, Marietti, Genova 1989.
WB01541_.gif (712 octets) Madrid en 1989 sur ceux d'Amérique latine
R. Papini, E. Nasarre (dir.), Etica y Economía, Anales 8, Fundación S. Pablo-CEU, Madrid 1992. R. Papini - E. Nasarre (dir.), Etica ed Economia II, Marietti, Genova 1993.
WB01541_.gif (712 octets) Djakarta (Indonésie) en 1990 sur ceux d'Asie
R. Papini, V. Buonomo (dir.), Ethics and Economics. Religions, Development and Liberation in Asia, New City Publications, Manille 1993.
WB01541_.gif (712 octets) Abidjan (Côte d’Ivoire) en 1991, sur ceux des évêques d’Afrique
R. Papini , V. Buonomo (dir.), Ethique et Economie. Le discours social de l'Eglise en Afrique, New City, Nairobi 1993.
WB01541_.gif (712 octets) Fribourg en 1993 sur l'enseignement des évêques des cinq continents.
J. Pinto de Oliveira, R. Papini (dir.), Ethique, Economie et Développement. L'enseignement des Evêques des cinq continents, Ed. Universitaires de Fribourg - CERF, 1993.
WB01541_.gif (712 octets) Rome en décembre 1995 sur l'enseignement des évêques des cinq continents