COLLOQUE DE ROME

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Colloque de Rome (1995)

I. Pratique économique, pensée de l'Eglise et conditions pour la paix dans le monde
II. Economie, pour quel avenir? Quelques conclusions

 

1. Pratique économique, pensée de l'Eglise et conditions pour la paix dans le monde

Introduction Par Roberto Papini

1. En 1987, une vaste recherche a commencé promue par l'Institut International Jacques Maritain. Les objectifs de cette recherche étaient l'analyse des positions des Églises particulières dans le monde en matière d'éthique économique. En 1988, on a trouvé un partenaire compétent en l'Institut de théologie morale de l'Université de Fribourg, en Suisse.

En 1993, les deux Instituts ont présenté les premiers résultats de la recherche lors d'un Congrès qui a eu lieu à Fribourg. Maintenant, à l'occasion de la prochaine publication du produit final de cette vaste recherche, le Répertoire bibliographique des documents épiscopaux recueillis et analysés, nous avons voulu organiser à Rome une rencontre entre personnalités représentatives des Églises locales, savants des sciences sociales et experts de la pratique économique et sociale, pour une réflexion approfondie sur l'avenir de l'économie dans le contexte de la société globale qui est en train de se profiler. En effet, le thème de la globalisation économique est implicitement ou explicitement, au cœur, non seulement des différentes déclarations pontificales et des épiscopats catholiques des cinq continents, mais aussi de la réflexion économique et sociale des gouvernements nationaux, des organismes internationaux et, en général, d'une opinion publique avisée.

2. L'objectif du Congrès est donc celui d'organiser une réflexion sur un phénomène fondamental de notre société : celui de penser à notre développement, de plus en plus confié à une économie globale et d'évaluer comment les valeurs éthiques peuvent l'orienter en direction des finalités humaines, dans une perspective de paix.

Le Congrès est articulé en quatre parties. Dans la première, on analysera les voies pour le développement et les dérives du sous-développement parcourues durant les dernières décennies dans les différentes zones du monde technologiquement plus avancées et dans celles qui sont les plus en difficulté. Si, dans l'ensemble, la richesse augmente, on doit également relever la disparité croissante entre pays riches et pays pauvres. En plus, la complexité des systèmes financiers a désormais enlevé le pouvoir aux pays producteurs de matières premières, le mettant entre les mains des pays transformateurs.

Les nombreuses célébrations qui ont évoqué le cinquantième anniversaire de l'ONU ont mis à jour soit les profondes transformations du monde dès la fin de la deuxième guerre mondiale, soit la nécessité de réformes radicales dans l'Organisation à l'époque de "l'après-guerre froide", en particulier sur le plan de la paix, de la sûreté internationale, de la promotion des droits de l'homme et du développement. Dans son Agenda pour le développement, le Secrétaire Général de l'ONU, Boutros Ghali, a abordé ce qui sera un des problèmes majeurs du XXIème siècle.

La deuxième partie abordera le thème de la globalisation, surtout économique et financière mais aussi dans le commerce, l'émigration, la culture, etc... Cette globalisation, associée aux incroyables progrès dans le champ de l'information et des nouvelles technologies, conduira, si elle n'est pas opportunément orientée, à accentuer le processus de polarisation et de régionalisation de la croissance de la richesse et de la pauvreté, de l'interdépendance et de la marginalisation toujours plus grande non seulement des groupes sociaux mais de continents entiers; elle contribuera aussi à l'émergence de la radicalisation interne, aux frustrations des cultures et des régions incapables de s'ouvrir à la modernité sans risque de s'effondrer.

A peine quelque années après la chute du mur de Berlin et l'écroulement de l'ordre bipolaire qui s'était établi pour à peu près une moitié de siècle, les grands bouleversements économiques auxquels nous sommes en train d'assister, redéfinissent un équilibre qui pour l'instant est difficile à imaginer différemment que comme un décor où l'on voit la pure affirmation, économique et politique, des régions les plus puissantes au détriment des plus faibles. La forme de notre avenir - ce thème sera abordé dans la troisième partie - semblerait donc être celle d'un monde fragmenté et antagoniste, fondamentalement instable, si nous ne pourrons être en mesure de conduire cette phase de transition selon des règles, des institutions et des stratégies capables de conjuguer culture du contact et culture de la réciprocité; cela en vue également d'élaborer une forme d'autorité mondiale en mesure de gérer les biens communs de l'humanité.

Le dilemme, apparemment insoluble, d'un rapport social non seulement compétitif mais aussi coopératif, peut être résolu seulement par une sorte de révolution copernicienne, mais qui a besoin d'une culture non seulement fondée sur l'affirmation individuelle, "self-interest", mais aussi sur l'autre dimension de l'homme aujourd'hui oublié, à savoir sa dimension sociale ouverte sur l'altruiste. C'est seulement en étant orienté par une telle culture que nous pourrons faire face aux problèmes qui sont définis sous le terme général de globalisation, et préparer l'avenir de notre société. Cette problématique sera abordée dans la table ronde finale.

En synthèse, il s'agit de relever le défi de la conférence de Copenhague, à savoir transformer le cercle vicieux de la globalisation-fragmentation en cercle vertueux, celui d'un développement social fondé sur la coopération-intégration.

 

3. Durant la dernière décennie le débat sur l'économie globale, surtout aux États-Unis, a eu lieu entre économistes néo-mercantiliste et économistes libéraux, les uns soutiennent le rôle de l'État dans le développement économique, les autres mettent en évidence le rôle thaumaturgique du marché. Ce qui nous semble plus évident est - en principe - l'affaiblissement de l'accord entre institutions politiques et marché qui depuis longtemps, au moins dès la fin de la première guerre mondiale, avait dominé les systèmes sociaux. Désormais nous nous trouvons à la fin de cette phase avec la prédominance du marché globale. Mais personne ne sait imaginer pleinement les conséquences sociales, mais aussi politiques, de la restructuration accélérée des grandes corporations, secouée par des fusions et des incorporations visant à   augmenter l'efficience des ressources financières.

Dans les années septante le problème crucial, surtout dans les sociétés occidentales, ainsi qu'il avait été relevé dans le Rapport de la commission Trilatérale alors célèbre, était celui de la stabilité gouvernementale des démocraties apparemment menacées par des sociétés civiles en ébullition. Le problème de nos jours, après la faillite des totalitarismes et des dictatures de tout genre, est celui des démocraties de la "troisième vague", celles surtout des pays en développement, menacées par la rupture du rapport institution publique - marché et d'une culture hyperlibérale s'affirmant depuis la crise irréversible de l'idée d'une planification rigide, et qui voit dans le marché le seul régulateur social, sans considérer son impact socialement brisant lorsqu'on l'applique à des biens non mercantiles. Laissé à lui-même, le marché a d'ailleurs tendance à satisfaire au mieux les besoins des riches plus que ceux des pauvres. Le marché financier, avec sa volatilité, est absolument indifférent à l'aggravation des différences sociales. Ainsi, dans de nombreux pays en voie de développement, les processus de libéralisation économique accéléré, employés pour résoudre les déséquilibres macroéconomiques, ont été à l'origine d'effets fréquemment contradictoires et, presque toujours, la cause d'une détérioration de l'équité et de la crise de l'état social. L'efficacité du marché, lorsqu'elle n'est pas conjuguée avec l'équité et le respect des droits humains fondamentaux, constitue une menace pour la démocratie, comme on peut le constater dans certains pays asiatiques malgré le taux élevé de leur croissance économique.

Comme la dimension de la démocratie, ainsi le caractère de la société civile et sa valence culturelle ont tendance généralement à être mis entre parenthèses dans le débat sur la globalisation économique - financière. Le caractère de la société civile est déterminé par ses corps intermédiaires, par le dynamisme et le pluralisme de ses associations, dans le sens de la responsabilité de ses élites, de la fécondité de ses valeurs éthiques et religieuses et de la solidarité qui peut la vivifier ou non. Les sociétés civiles plus articulées et plus stables sont celles qui résistent mieux à la domination commerciale. Sans idéaliser, il est certain que seule une société civile développée, au niveau international également, peut constituer la base d'une démocratie globale non formelle et d'une paix réelle. Mais à quel point sommes-nous dans son développement ?

Samuel P. Huntington a récemment souligné l'importance du facteur culturel, en affirmant que la vraie différenciation internationale est celle de la culture, et non pas celle de la globalisation économico-financière, qui tend, elle, au contraire, à une certaine homogénéisation. Il est certain qu'elle est à la limite de l'incommunicabilité - comme l'a très clairement mis en évidence Alasdair McIntyre - , puisque le langage de la moralité, et ceci non seulement dans les sociétés évoluées, est en mutation rapide; il semblerait aussi qu'il n'y ait pas de voie rationnelle pour un accord éthique dans notre société. Quelle éthique alors pour la communauté des nations ? Et son absence n'est-elle pas peut-être la prémisse de l'actuel désordre international ?

 

4. L'humanité est entrée dans l'ère de la globalisation. Mais la globalisation économico-financière exerce une pression croissante sur les conditions et sur les rythmes de la compétition dans tous les champs et même dans nos univers mentaux, au point que nous sommes en train de courir le danger de perdre de vue les finalités de notre faire et de notre produire. Nos sociétés vivent en profondeur des angoisses semblables à celles causées par le progrès technologique au début du XIXème siècle. Maintenant, comme à cette époque, la question de base est celle du sens du travail humain, apparemment remplacé par la machine.

Aujourd'hui s'ajoutent les conséquences de la globalisation sur l'équilibre démographique mondial. Ainsi, pour donner un seul exemple, le continent le plus marginalisé, l'Afrique, aura en 2005 une population trois fois supérieure à celle de l'Union Européenne. Comme on ne peut pas établir des frontières sûres, que se produira-t-il selon le principe des vases communicants ?

Sans parler de l'émergence de la société de communication et des networks de toutes espèces, qui peuvent augmenter la différence dans le champ du savoir et marginaliser en profondeur des pays entiers ou des groupes sociaux.

Face à tout cela, l'irresponsabilité des élites politiques est grande. Comment définir autrement la passivité persistante avec laquelle les pouvoir nationaux ont accepté de perdre progressivement des parties entières de leur propre souveraineté nationale sans même pouvoir résoudre les problèmes que nous connaissons ? Depuis les années cinquante, une grande partie des réformes de structure demandées à la fois par les pays en voie de développement, les pays non-alignés et par certains organismes internationaux, s'est heurtée à l'opposition des principaux pays industrialisés : réforme agraire, prix des matières premières, mesures pour un commerce plus juste, gestion des ressources naturelles, programme mondial de l'emploi, contrôle démocratique des multinationales, déplacement des technologies, allégement significatif de la dette, programme alimentaire mondial, mesures pour limiter le désastre écologique de la planète...

On n'a obtenu que des demi-mesures, peu de réformes de structure qui préparent sérieusement la venue d'un nouvel ordre économique mondiale. Nous devons comprendre la portée des problèmes qui sont devant nous et qui mettent en jeu notre avenir. En réalité, nous sommes entrés dans la globalisation avant de disposer des instruments culturels appropriés pour la penser, pour la vivre et pour la gouverner, avant de disposer enfin d'une théorie adéquate du phénomène. Il s'agit d'agir afin que nos sociétés, qu'elles soient industrialisées, postindustrielles, en transition ou en développement, puissent prendre part positivement à l'unification du monde, tout en préservant l'essentiel des cultures respectives. Il s'agit d'un effort de création collective, pour faire référence à une notion chère à l'économiste humaniste François Perroux, mais qui présuppose la possibilité que tous les hommes soient mis en condition de comprendre et de participer au fonctionnement de la société toujours plus interdépendante dans laquelle ils vivent.

5. L'expérience de notre recherche pluriannuelle, au cours des cinq séminaires préparatoires à Cagliari, Madrid, Djakarta, Abidjan, Manille, et en dernier lieu au congrès de Fribourg, nous confirme dans la conviction que l'Eglise catholique et les Églises chrétiennes en général - mais avec cela je ne veux pas limiter le spectre aux Églises chrétiennes - comme sujets sociaux doués d'un certain caractère public, ont souvent, et pourront avoir dans une plus large mesure, un rôle stratégique dans la revitalisation éthique et culturelle de la société, dans la croissance de la société civile, dans la promotion des droits humains d'une démocratie engagée et dans la construction de la paix.

L'actuel pontificat, fortement teinté de personnalisme, est vivement engagé dans cette perspective. Pour l'Eglise catholique, c'est essentiellement le concile Vatican II qui a été à l'origine d'une prise de conscience tout à fait particulière du rapport foi-justice et donc d'un approfondissement de son action en faveur d'une société plus humaine, en préparant ainsi celle dont nous avons défini l'entrée en économie, mais aussi l'entrée en démocratie, à savoir dans le tissu le plus profond de notre société, dans le cœur même de la modernité. Un processus qui a certainement commencé précédemment mais qui, après cet avènement, a revêtu une importance spéciale. Il suffit de se souvenir, sur le plan des documents épiscopaux, ceux de Puebla, de Medellin et de Santo Domingo, des évêques latino-américains, la lettre des évêques des États-Unis sur "La justice économique pour tous" (Economic Justice for All) et celle des évêques d'Australie sur "Richesse commune pour le bien commun" (Common Wealth for the Common Good in a Pastoral Statement on the Distribution of Wealth in Australia). Tous ces documents ont été précédés et suivis par de grands débats.

Le dernier grand Concile non seulement est en train de changer les Églises chrétiennes, en les rendant plus conscientes du lien entre le mystère de Dieu et le mystère de l'homme, plus ouvertes, à même de dénoncer prophétiquement les injustices atroces que nous tolérons dans ce qui, désormais, est réellement un village global. Dans la mesure où elles seront capables d'éviter les tentations de se refermer ou les fondamentalismes rassurants en apparence seulement, et de reconnaître le droit des autres, d'abord le droit à la différence, leur contribution pourra être centrale pour le développement d'une éthique de la responsabilité et de la solidarité ouverte envers le genre humain et le monde entier, fondement de ce que Jean-Paul II, dans son discours aux Nations Unies, a relevé comme l'objectif de l'humanité, à savoir la civilisation de l'amour.

Dans le moment historique présent, nous sommes invités à nous confronter avec ce rôle que les Églises chrétiennes et les autres religions sont en train d'assumer dans nos sociétés pour affirmer les valeurs plus fondamentalement humaines. Ce Congrès veut être, justement, un signe clair de cette prise de conscience.

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2. Economie, pour quel avenir? Quelques conclusions

Par Antonio Fazio

"Au Seigneur la terre et ses richesses, le monde et ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers et la tient stable sur les flots." (Ps. 23).

Il faut un point de vue élevé, et qui puisse susciter confiance et espoir en l’avenir, pour tenter de comprendre, d’embrasser et, dans une certaine mesure de pénétrer, les arguments traités durant ces trois jours; ceci à la fois en raison de l’étendue et de la profondeur conceptuelles des analyses, de leur complexité et de la compétence des rapporteurs.

Je reprendrai quelques-unes des lignes de pensée qui ont émergées durant le congrès, pour tenter d’en donner une vision d’ensemble.

Le débat s’est développé entre, d’un côté, l’attention portée à des situations spécifiques, et, de l’autre côté, l’analyses des problèmes dérivant de la globalisation. Pour ce dernier aspect, il y a deux niveaux : celui des échanges de marchandises et de services, et le niveau financier.

Les conditions de l’économie et de la société présentent une forte disparité entre deux zones géographiques différentes, entre deux nations distinctes, c'est une disparité qui a sans aucun doute augmenté au cours des dernières décennies. Dans certaines zones se posent des problèmes qui sont à dire vrai liés au niveau de vie "excessivement" élevé des sociétés qui s'y développent, avec des niveaux de consommation qui parfois se reflètent négativement sur l’écologie et finalement sur la qualité de vie; dans d’autres régions cependant, vastes et très fortement peuplées, le minimum alimentaire, la protection contre les intempéries et le maintien de la santé ne sont pas garantis.

Les disparités se sont amplifiées avec le progrès économique de ces dernières décennies. Dans plusieurs régions, celles qui sont à l’heure actuelle les plus avancées économiquement, le développement à conduit à une offre de biens et de services remarquables. Ailleurs, le progrès a été insuffisant ou nul et, souvent, le taux de naissance et celui de mortalité sont élevés.

Le fort taux de croissance naturelle de la population est parfois considéré comme la cause déterminante de la pauvreté. Une vision à plus long terme révèle au contraire une corrélation positive entre la croissance de la population naturelle et globale d’une part et le développement de la richesse matérielle d’autre part. La marque de cette relation peut sembler négative dans des situations particulières ou pour de brèves périodes historiques. La réalisation d’un standard de consommation élevé engendre une diminution du taux de fertilité; ce dernier influence positivement, sur une durée de quelque décennies, le niveau de vie. A plus long terme, le vieillissement de la population est cause de décadence, et, entre autres domaines, de celle de l'économie.

Dans les rapports entre croissance démographique et niveau de vie, les valeurs culturelles et, plus profondément, les valeurs éthiques et morales, jouent un rôle primordial.

1. Le développement économique et les migrations

Pour les nations et les zones géographiques où le niveau de vie n’atteint pas les standards minimaux, les possibilités de croissance sont dépendantes des ressources alimentaires disponibles et du niveau de nutrition et d’hygiène; en dernière analyse, elles dépendent de l’extension des terres cultivables, et celle-ci d'un minimum d’instruction et d’organisation sociale qui permettent d’accéder à une économie autre que celle de pure subsistance.

Le problème de la famine qui avait tant animé les débats des années cinquante - en réalité toujours en relation avec la démographie - est fréquemment lié à des facteurs politiques et organisationnels ou, souvent, à des conflits ou à des actions de violence et de guérilla, et non simplement à des causes de nature techno-économique.

Les recherches sur les possibilités d’offre de produits alimentaires démontrent les potentialités remarquables des surfaces agricoles cultivables, ceci en tenant compte aussi des très fortes augmentations de productivité réalisées depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les restrictions à une plus grande offre de biens agricoles et alimentaires ou à leur plus grande commercialisation ne cherchent qu’à soutenir les prix et à protéger les gains des producteurs.

Si des méthodes d'exploitation même moyennement modernes sont appliquées aux surfaces agraires actuelles de tous les continents, on serait à même de garantir l’alimentation d’une population mondiale plus importante que celle d'aujourd'hui. Les problèmes dans ce domaine renvoient donc à celui des échanges et de la circulation à l’échelon mondial des ressources agricoles et alimentaires.

La résolution du problème alimentaire est aussi la base pour pouvoir influer sur les hauts taux de morbidité et de mortalité infantile dans les pays les plus pauvres. La disponibilité et la large diffusion de moyens sanitaires ont déjà contribué ces dernières années à augmenter la durée de vie moyenne dans beaucoup de zones sous-développées et arriérées.

Pour les pays plus pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique du Sud, la capacité de produire des biens agricoles et alimentaires et d’accéder aux ressources primordiales de la civilisation renvoie à l’importance de l’instruction élémentaire, à la diffusion de la culture et des valeurs fondamentales, ainsi qu’au fonctionnement de l’organisation politique et administrative des Etats.

Certaines des régions italiennes qui, de nos jours, se trouvent parmi les plus riches de l’Europe avaient, il y a quelques décennies, encore, des problèmes de chômage, de marginalisation, de famine. Je pense que l’on peut trouver des exemples analogues, liés au développement industriel après la deuxième guerre mondiale dans d’autres pays européens. Mais les populations de ces régions étaient certainement riches de valeurs, de principes moraux, de civilisation; elles ont été intégrées dans un Etat moderne qui, malgré de nombreuses carences, a tout de même poursuivi l’amélioration des conditions de vie de la population.

Ces régions ont aussi connu, depuis la fin du siècle dernier et jusqu’à la fin des années cinquante, le phénomène de l’émigration. Celle-ci s’est dirigée d’abord au-delà de l’Océan, puis par la suite, principalement vers d’autres pays européens et d’autres régions italiennes. Il s’agissait d’un phénomène coûteux en termes humains et sociaux, mais qui a indubitablement contribué de manière déterminante au développement des régions d'accueil et, dans un certain sens, des régions d'origine des émigrants.

Le développement des pays industrialisés au cours de ce siècle doit beaucoup au phénomène des migrations a grande échelle. L’attention, justifiée, sur les coûts à court terme ne doit pas faire oublier la contribution que, dans une perspective plus large, les migrations peuvent fournir pour une meilleure distribution et une augmentation de la richesse.

On insiste à juste titre sur la globalisation des échanges commerciaux et des flux financiers, sur les bénéfices qui en découlent pour le développement des nations et sur les problèmes qu’elle engendre.

Elle est devenue récemment plus importante et elle est destinée à s’intensifier dans les années à venir; il s’agit d’une sorte de globalisation des ressources humaines. Par rapport à celle qui concernait les échanges de marchandises et de capitaux, celle-ci est d’une portée bien plus grande de par les problèmes immédiats dont elle est l’origine, mais aussi de par les énormes changements et, probablement, de par les bénéfices qu'elle peut produire sur une longue période.

Le siècle qui se termine a été dominé par des avancées technologiques extraordinaires, et en particulier par la diffusion des moyens et des instruments de transport, de communication, de transmission de données; par l’intensification des échanges culturels, des biens matériels et, plus récemment, des ressources financières.

La stabilisation, voire la diminution du nombre d’individus dans les populations qui ont un niveau de vie plus élevé, d’une part, la croissance accélérée de la population, de la culture, de l’information dans beaucoup d’autres régions du monde, d’autre part, vont poser de manière impérieuse le problème des déplacements de grands groupes de population d’une région à l’autre d’un même continent, et même d’un continent à l’autre, ce dès le début du siècle prochain.

De manière compréhensible, au sortir de la seconde guerre mondiale, l’attitude des Etats nationaux a été restrictive, fermée à ces phénomènes; ce à cause des bouleversements des équilibres en place qui en découlent, et dans le but de défendre un bien-être conquis par des efforts considérables.

L’homme est un consommateur de biens, mais il en est aussi un producteur. Là où les ressources naturelles sont exploitées avec sagesse, elles ne semblent pas constituer une limite contraignante au développement.

Dans les zones à niveau de vie plus élevé, il y a indubitablement une consommation élevée des ressources naturelles dites non renouvelables. Plus qu’un problème de disponibilité, dans l’absolu, de telles ressources, il me semble qu’il s’agit de celui de leur utilisation avisée. Une grande partie de la valeur des consommations actuelles est constituée par des biens et des ressources renouvelables.

Je ne veux pas conclure par un hymne au progrès rapide et illimité fondé sur une mise à disposition et un emploi croissants de moyens matériels. Pour une population donnée, un tel progrès, au-delà de certaines limites, peut se révéler dépourvu de toute signification. Je voudrais simplement confirmer le refus de visions vaguement malthusiennes : il me semble que l’histoire économique du dernier siècle les a constamment démenties.

2. Le commerce

Durant une des sessions, il fut largement débattu, avec l’aide de rapporteurs du plus haut niveau de compétence et de responsabilité, du thème du commerce et des échanges internationaux.

Il est certain que le progrès économique rencontré dans les pays industrialisés ce dernier demi-siècle a résulté dans une mesure essentielle des échanges internationaux. Que le commerce international soit source de progrès, voilà ce que démontre en tout premier lieu l’histoire. L’avidité et la perspective de gains ont aussi produit dans l’histoire des violences, des écrasements, parfois même des guerres. Quand il n’était pas fondé sur un écrasement militaire et politique, le commerce a conduit à des accords , à des dialogues entre peuples différents, à des échanges culturels et, finalement, à l’exigence d’une compréhension réciproque.

Certaines des réflexions à la base des sciences économiques découlent directement de l’analyse de l’augmentation de la richesse des nations grâce au commerce : je pense aux Lezioni di economia civile de M. Genovesi et aussi, dans un certain sens, à Adam Smith, qui avait mis l’accent sur la division du travail. Je pense aussi aux réflexions de Ricardo sur les échanges internationaux et sur les théorèmes de Samuelson.

La capacité et, d’une certaine manière, la nécessité d’augmenter la richesse des nations par le biais des échanges commerciaux furent toujours mises en valeur par l’analyse économique. Pourtant l’expérience historique est celle des limitations du libre exercice du commerce, limitations soit directes, au moyen de restrictions spécifiques ou généralisées, soit indirectes, par le biais de tarifs.

Les idées se transforment facilement en idéologies. Celle qui semble aujourd’hui dominer en matière de commerce insiste sur l’affirmation d’une liberté absolue dans les échanges de tout genre. A l’idéologie correspond dans ce cas une analyse affermie qui démontre la capacité du commerce de créer des richesses.

Les résistances et les obstacles diminuent du fait que souvent l’accroissement global de la richesse s’accompagne d’une redistribution de celle-ci; pour certains secteurs, catégories sociales et pays, cette redistribution peut, de fait, conduire à une régression et non à une amélioration des conditions de vie. Cela se produit lorsque l’ouverture aux échanges s’applique à des systèmes auparavant fermés et à l’intérieur desquels la production et la distribution de la richesse se passent selon des critères et des schémas expérimentés depuis longtemps et, qui ont en définitive leur valeur propre.

Les économistes disposent toujours de réponses sûres pour l’analyse de situations générales et abstraites, mais ils ne trouvent pas toujours de règles adéquates pour indiquer le déplacement, la transformation des systèmes d’une situation à l’autre.

L’ouverture de systèmes relativement fermés, soit entre des pays qui possèdent un haut niveau de développement, soit entre ces mêmes pays et ceux qui sont moins développés - pays dans lesquels est concentrée la plus grande partie de la population et de la force de travail du monde - pose donc des problèmes de transition considérables et qu’il faut prendre en charge si l’on veut éviter une redistribution des richesses socialement et politiquement insupportables.

L’objectif d’un commerce mondial demeure valable pour élever les conditions de vie des pays pauvres. L’expansion du commerce de beaucoup de produits de base, qu'ils soient agricoles, alimentaires ou industriels, va permettre l’augmentation du revenu des travailleurs des régions plus démunies, où l’on trouve davantage de main-d’oeuvre; en même temps, elle fournira les mêmes produits, mais à prix réduits, aux pays qui sont plus riches, leurs permettant une consommation à des prix plus bas. Dans les pays riches, les importations de l’étranger réduiront le revenu de certaines catégories de producteurs; il est nécessaire qu’ils puissent alors se tourner vers l’offre de biens qui a la plus haute valeur ajoutée, qui propose la plus haute technologie, et l'offre de service la plus performante. Le traitement de la phase de transition exigera un degré de coopération internationale plus élevé que celui d'aujourd'hui.

La résolution positive d’un tel processus pourra, du moins en partie, réduire les coûts et atténuer les problèmes posés par les migrations croissantes prévisibles des forces de travail des pays pauvres vers les pays riches.

3. La globalisation des marchés financiers

Le phénomène le plus évident de ces dernières années sur le plan international est indubitablement constitué par l’émergence d’un marché unique des monnaies et des capitaux au niveau mondial, par sa consolidation et son affirmation. L’exceptionnelle expansion des communications, qui a été rendue possible par les réductions drastiques des coûts de l’élaboration et de la transmission des données, a contribué à cette évolution.

Le mouvement idéologique qui soutient la libéralisation complète des échanges de biens et de services a trouvé, d'une certaine manière, son application la plus prompte dans le domaine financier. En matière de commerce, il existe un ensemble de réflexions qui assure que permettre un plus grand volume des échanges conduit à un meilleur développement; les mêmes théorèmes ne sont appliqués que par analogie aux échanges de nature purement financière.

Il est incontestable qu’une telle idéologie a influencé profondément les attitudes des organisations internationales et des pays plus développés. Au cours des années huitante, l'ensemble des pays développés, ainsi qu'un bon nombre de pays en développement ont supprimé toutes les limitations existantes à l’entrée et à la sortie des capitaux, quelles que furent les formes ou les types de ces limitations.

Si l’on exclut les Etats-Unis et le Royaume-Uni, pays dont les monnaies servaient depuis longtemps de moyen d’échange et de réserve de valeur au niveau mondial, il existait dans tous les pays des restrictions aux mouvements bancaires entre nations différentes; à l’inverse, il existait, à l’entrée comme à la sortie, une très grande liberté pour les investissements financiers à long terme. Jusqu’au milieu des années huitante, dans la plupart des pays industrialisés, il n’était pas possible pour une banque d’accorder un crédit à une personne qui ne résidait pas dans le pays, ni même de recevoir des dépôts de l’étranger; il s'agissait alors de maintenir la circulation d’une monnaie à l’intérieur de son territoire propre, en vue essentiellement de son contrôle quantitatif.

La libération de telles restrictions à l'égard des capitaux bancaires a créé une situation sans précédent dans l’histoire monétaire : une circulation au niveau international de monnaies purement fiduciaires, soumises à un contrôle quantitatif uniquement dans le cadre des systèmes nationaux.

Cette innovation a contribué à la naissance et au succès du marché "global" des capitaux plus que dans les marchés nationaux. Il s'agit d'un marché dans lequel la création de monnaie répond aux impulsions et à la demande des opérateurs; mais il n’y a pas autorité supranationale qui puisse exercer une action efficace de contrôle, contrairement à ce qui existe à l’intérieur de chaque système.

Les taux de change entre les différentes monnaies, les taux d’intérêt sur les divers instruments dans les différentes valeurs et, surtout, le volume de création monétaire et des flux dans et hors des systèmes nationaux, deviennent de cette façon uniquement déterminés par les forces du marché. Ces forces se comportent avec leur propre rationalité dans la détermination des valeurs relatives des monnaies. Cette détermination se base sur les signaux émis par les autorités monétaires des pays les plus influents pour la mise en place d’une structure organisée des taux d’intérêt. Les forces du marché ne sont toutefois pas à même de déterminer au niveau mondial une valeur optimale pour la quantité des instruments monétaires en relation avec les exigences de l’activité productive, du commerce, du contrôle des prix, de la stabilité des intermédiaires et même des marchés financiers.

Les théorèmes économiques relatifs à la liberté des échanges de biens et de services découlent de thèses fondamentales qui traitent de la distribution des ressources et de la capacité de production entre les différentes régions et pays. Selon ces théorèmes l’élimination des obstacles au niveau des échanges de biens et de produits conduit à une structure des prix et à une distribution des ressources et produits avantageuses pour tous.

L’accès des opérateurs à des financements bancaires ou à des marchés financiers de pays étrangers augmente indiscutablement leurs possibilités de choix et réduit les coûts. La libéralisation des marchés financiers profite aussi aux opérateurs qui doivent investir les excédents à disposition ou leur épargne. En principe, la liberté de mouvement des capitaux permet d’engager les ressources dans des pays où leur rendement est plus élevé. Mais la quantité des capitaux que l’on peut investir n’est pas certaine; il existe une sorte de fallacy of composition, une impossibilité de trouver un point d’équilibre stable dans une zone étendue, dans un système international composé de monnaies fiduciaires. Ces monnaies fiduciaires manquent de toute référence réelle, contrairement à ce qui existait dans les systèmes de gold standard, par exemple.

En d’autres termes, il n’existe aucune limite impérative à une expansion monétaire et une expansion des moyens de financement sur le plan international; c’est seulement à court terme, essentiellement à cause des risques inhérents aux opérations de prêt, que de telles limites peuvent toutefois être rendues pressantes pour les opérations internationales de prêt.

Tout cela expose le système économique mondial aux risques de création monétaire excessive, ainsi qu’à des poussées inflationnistes, à des variations larges et soudaines dans les taux de change, à des augmentations des taux d’intérêt et à une instabilité financière.

Les taux de change entre les monnaies peuvent, sur des périodes même très longues, ressentir de manière considérable les stimulations et les impulsions de nature uniquement financière, voire spéculative. De la même manière, les taux d’intérêt subissent des mouvements qui ne tirent pas leur origine d’événements qui concernent l’économie réelle. Mais les taux de change entre les monnaies et les intérêts s’appliquent aussi aux échanges de biens et de services et aux activités de production et d’investissement; ces données en sont profondément influencées; dans des cas extrêmes, elles peuvent même être bouleversées par des phénomènes de nature purement financière.

Finalement, les variables qui sont plus directement en relation avec la base de l’économie et le niveau de vie des peuples peuvent être dominées par des forces poussées par la recherche d’objectifs procurant un gain immédiat. J’ai cru percevoir une préoccupation en ce sens dans le programme de notre congrès, dans les approfondissements et dans une partie des débats. Les gains ne profitent non pas à tout le monde, mais se concentrent dans les mains de quelques-uns seulement. Dans bien des cas, ils conduisent à un appauvrissement, à des pertes, à des risques de marginalisation pour les autres groupes d’individus qui ont une capacité compétitive réduite. C’est une sorte de jeu à somme nulle parmi les opérateurs financiers, jeu qui pourrait se révéler même néfaste pour l’économie mondiale dans son ensemble.

La gestion de la libéralisation du commerce et la distribution équitable des avantages qui en découlent posent certes des problèmes, mais ceux-ci, de par leur plus grande prévisibilité et régularité, semblent plus faciles à gérer que ceux liés à la libéralisation des mouvements de capitaux. Les avantages découlant de la libération financière, de par les caractéristiques qu’ils présentent, requièrent des comportements adéquats de la part des individus et des nations, ainsi que des conditions appropriées pour pouvoir recueillir ces avantages.

Le phénomène de la libéralisation généralisée des flux financiers internationaux est récent et, à bien des égards, historiquement inédit. La plupart des pays, et surtout ceux dont l’économie est plus fragile, sont en train d’apprendre de manière empirique comment vivre avec ces scénarios et comment, dans la mesure du possible, en tirer bénéfice tout en minimisant les coûts.

Un effet secondaire typique de tous les développements basés sur le libre exercice des forces de la concurrence est constitué par la concentration, du moins dans une première phase, de la production d’une richesse nouvelle, à la fois dans de petites zones et dans les mains de peu d’individus; cela appauvrit, en termes relatifs et parfois même dans un sens absolu, d’autres zones et d’autres individus. Cet effet peut être particulièrement exacerbé dès lors que c’est aux phénomènes financiers de générer les changements et le progrès.

Pourtant, dans un monde où le phénomène de la globalisation dans le domaine des échanges et de la communication avance à un rythme qui semble toujours plus rapide, la circulation mondiale des flux financiers est inévitable.

D’un autre côté, ce même phénomène peut amener de grands avantages : il faut donc mieux en comprendre les caractéristiques, les causes et conséquences, afin de le dominer.

En premier lieu, il faut s’élever sur le plan culturel; en même temps, il faut une volonté forte dans la recherche d’une coopération avantageuse pour toutes les nations, et en particulier pour celles qui ont une possibilité restreinte de rivaliser avec les autres et qui sont davantage exposées aux risques d’instabilité.

On est peut-être juste au début d’un processus de compréhension adéquate de ces phénomènes, et, à plus forte raison, de maîtrise de ceux-ci. Il est nécessaire d’approfondir et d’intensifier les efforts dans ce sens, en tirant aussi les enseignements des erreurs passées ou plus récentes. Nous sommes conscients de la possibilité de maîtriser ces phénomènes par un effort commun et coordonné, et des avantages qui peuvent en découler pour tous, y compris pour les nations économiquement défavorisées.

4. Réflexions finales

Les valeurs éthiques et morales constituent le fondement essentiel de la société, et l’activité économique, qui doit se dérouler selon des lois et des obligations qui lui sont propres, en est partie intégrante.

Au centre de la vie sociale, il y a l’homme, avec sa créativité, son travail, ses exigences vitales. L’activité économique, qui se déroule toujours dans des contextes socialement et politiquement organisés, ne peut se replier sur elle-même; elle doit se développer à l’avantage et au bénéfice de toute la société et de tous les hommes.

Un tel développement ordonné de l’activité économique requiert au niveau national et au niveau international des valeurs élevées de civilisation et de cohésion. Il s’agit de distribuer justement les bénéfices et de définir correctement les apports que chaque individu, chaque groupe, chaque nation peut fournir aux fins d’augmentation de la richesse.

Le christianisme peut influencer profondément la vie sociale; l’Eglise catholique a progressivement participé au cours de ce siècle, et de manière toujours plus explicite, aux débats sur les thèmes touchant à l’économie. Cela certes non pour en modifier ou en altérer les lois, mais bien pour en discerner les liens et les influences sur les autres manifestations de l’activité humaine.

Au Seigneur la terre et ses richesses. Mais Lui l’a confiée aux hommes.

La construction du bien commun dépend de l’initiative des hommes, de leur intelligence, de leur volonté de se dépasser et d’évoluer. La compétition est source de progrès si elle se déroule non en causant un préjudice aux autres, mais bien en améliorant la qualité et les conditions d’offre des différents produits.

En outre, l’analyse économique la plus avancée nous dit qu’en partant de la seule addition de l’utilité et des résultats de chaque opérateur économique, il est impossible de construire une société, une organisation politique, ou encore un bien commun, même économique.

Il faut - pour utiliser l’expression de Jacques Maritain - une organisation de plus de libertés.

Nous sommes dans un monde qui, dans le champ de l’économie, de la finance, des communications, des déplacements de personnes et de peuples, tend toujours plus vers l’unification, il faut une volonté de coopération plus forte que par le passé, afin de maîtriser et recueillir les avantages de ces tendances inéluctables, afin d’éviter que la globalisation des économies soit source d’injustice et d’appauvrissement pour celui qui n’est pas en mesure d’être compétitif, afin de garantir, au travers d’une équitable distribution des bénéfices, un développement stable et supportable, afin de poser les conditions d’une paix durable entre peuples et entre nations.

 

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